Socialistes contre l'austérité

Soutien aux députés « pour une autre politique »

Soutien aux députés socialistes « pour une autre politique »

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L’Assemblée Nationale va examiner le 29 avril prochain le programme de stabilité /pacte de responsabilité dont les grandes orientations présentées par le premier ministre viennent d’être confirmées.

Militants ou sympathisants socialistes, nous avons fait campagne en 2012 sur la base d’une promesse de changement, de justice sociale et de progrès.

Nous voulons la réussite de la gauche au pouvoir, condition nécessaire pour la justice sociale. Mais, aujourd’hui, après la défaite historique des municipales, alors que des décisions économiques importantes sont en train d’être prises par le gouvernement et seront bientôt soumises au vote des parlementaires, nous lançons à notre tour un cri d’alarme :  la gauche ne réussira que si elle démontre qu’elle met en place une autre politique que celle de la droite.

Pas plus aujourd’hui qu’hier, nous ne nous reconnaissons dans les mots de la droite (« charges », « coût du travail », « flexibilité »…) ni dans les choix économiques privilégiant l’« offre » sur la « demande ». Alors que le caractère néfaste socialement et inefficace économiquement des politiques d’austérité est manifeste, envisager de compenser la baisse des cotisations pour les entreprises par une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques, c’est prendre le risque de dégrader les conditions de vie d’un grand nombre de gens sans aucune certitude sur les emplois potentiels créés. Il n’existe pas pour nous une seule politique possible.

Des députés socialistes ont lancé un appel au gouvernement pour un « contrat de majorité » et ont formulé des contre-propositions visant à ne pas mettre en péril les acquis sociaux et les services publics. « Les Français ont le sentiment que la politique qu’ils avaient choisie n’est pas assumée. Ils nous l’ont dit dans les urnes. Il faut maintenant passer des urnes aux choix et, pour nous, des mots aux actes. Les temps qui viennent sont pour tous, et pour chacun d’entre nous, une épreuve de vérité. » ont-ils ainsi écrit.

Nous les assurons de notre soutien dans leurs paroles et dans leurs votes.

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Qui sommes-nous ?

Militants ou sympathisants socialistes, nous avons élu François Hollande et le Parlement en 2012. Nous leur avons donné notre confiance en votant pour eux, nous attendons que le programme pour lequel ils ont été élus soit leur feuille de route pour tourner la page de l’austérité.

Nous soutenons la centaine de députés qui oeuvrent contre le pacte de responsabilité tel qu’il a été présenté, souhaitons que ce nombre s’agrandisse encore pour infléchir la politique que le gouvernement et le parlement doivent mener ensemble.

Le Parlement est la représentation nationale du peuple français et en cela, il est le porte-voix des citoyens. Nous appuyons donc leur mandat et soutenons un nouveau contrat de majorité pour une autre politique. Pour le redressement du pays dans la justice !

Le Plus NObs: Valls et la fronde des députés PS : sur le terrain, les militants ont décidé d’agir

Article sur Le Plus du Nouvel Obs

LE PLUS. La fronde gronde dans les rangs du PS. Une poignée de députés menacent de ne pas voter en faveur du pacte de responsabilité présenté par Manuel Valls. Un revers qui pourrait coûter beaucoup au Premier ministre et au PS d’une manière générale. Comment en est-on arrivé là ? Quelle est la réaction des militants sur le terrain ? L’analyse de Roland Greuzat.

 

Manuel Valls présentera son pacte de responsabilité le mardi 28 avril, va t-il être voté ? Le suspens demeure. (VILLARD/SIPA)

 

De plus en plus de militants socialistes sont las d’avaler des couleuvres : soit celles que leur prépare le gouvernement, soit celles que leur sert leur propre parti.

 

Aujourd’hui, ils demandent des comptes. La nomination de leur nouveau Premier secrétaire, coopté par-dessus leur tête était déjà mal passée, ils attendaient ensuite avec crainte le virage pris par le gouvernement Valls et l’obstination mise à leur vendre un pacte dit de responsabilité dont beaucoup ne voulaient pas, trop attachés au travail qu’ils avaient effectué bien en amont de l’élection présidentielle et des primaires pour élaborer le programme socialiste.

 

Ce programme devait subir une cure d’amaigrissement en passant des engagements des candidats aux primaires puis au programme du candidat Hollande et avant qu’ils ne pensent les objectifs définitivement fixés avec le discours du Bourget.

 

Enfreindre l’unanimisme du PS

 

On en est maintenant à des renoncements majeurs, à tel point que des députés inquiets d’avoir à transgresser leurs propres engagements et leur foi socialiste envisagent de se mettre en travers de l’action du gouvernement. C’est assez inédit dans un pays où la tradition parlementaire confine souvent à l’exaltation bottière de type « godillot ».

 

Il ne fallait pas que cette initiative retombe, surtout pas, c’est ce que s’est dit un petit groupe de militants coutumiers d’une forme libre de discussion au travers des réseaux sociaux notamment. Qui sont-ils, peu importe, ce sont des militants, de tous horizons, avec des responsabilités diverses au sein du Parti socialiste, sans distinction de courant comme d’origine géographique : « Et du nord au midi, la trompette guerrière a sonné l’heure des combats »

Avec détermination, ils ont monté de bric et de broc un site pour soutenir les députés qui ont osé enfreindre un unanimisme quelque peu honteux. Oui soutenir, car leur président de groupe comme le Premier ministre n’a pas hésité à agiter le spectre, non seulement de sanctions, mais encore de la dissolution pure et simple, alors qu’un gouvernement qui essuie une mise en minorité, cela devrait rester d’une banalité confondante (enfin, pas tout à fait quand même, mais c’est l’occasion de changer, sinon les hommes, du moins d’inverser la vapeur).

 

Les militants s’organisent

 

Le site « socialistes contre l’austérité » n’a donc d’autre but que de manifester le soutien aux députés qui ont le courage de braver un interdit. D’ores et déjà cet appel a recueilli en à peine 24 heures plus de 2.500 signatures.

 

Comme je l’avais écrit précédemment dans ces mêmes colonnes, il fallait s’attendre à une forte réaction militante, apparemment celle-ci a commencé, et de belle manière puisqu’en plus, elle transgresse les sacro-saints courants.

 

Alors, regardons la suite avec intérêt, cela ne manquera pas d’interpeller à quelques heures d’un conseil national du Parti socialiste puis du vote de ce pacte dit de « responsabilité ».

L’Humanité (28/04/2014): Le cri de colère de militants PS contre l’austérité

A lire sur l’Humanité

Face au Pacte de responsabilité que Hollande et Valls veulent imposer près de 3.000 responsables, élus, militants ou sympathisants socialistes ont signé un appel, « Socialistes contre l’austérité ».

La pétition (www.socialistes-contre-austerite.fr/) se veut un soutien à la centaine de députés socialistes qui avaient souhaité une autre politique et que Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis menacent de représailles s’ils ne votent pas, mardi à l’Assemblée, le texte présenté par le Premier ministre. « Nous voulons la réussite de la gauche au pouvoir, condition de la réussite sociale », affirment les près de 3.000 signataires, mais « elle ne réussira que si elle démontre qu’elle met en place une autre politique que celle de la droite » ajoutent-ils en dénonçant « le caractère néfaste socialement et inefficace économiquement des politiques d’austérité ».

QUI A SIGNE ? Les ténors du Parti socialiste ne sont pas dans la liste, en dehors de l’ancien ministre Jean Gatel et d’une poignée de membres du Bureau national. Mais on relève les noms de ce qui fait le squelette militant de ce parti. Des secrétaires fédéraux de départements emblématiques ont ratifié ce texte : l’Ariège, le Nord, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, la Saône-et-Loire, le Gard, l’Essonne, le Calvados, la Haute-Garonne, les Bouches-du-Rhône, le Doubs, la Charente-Maritime… Plus significatif encore, le nombre de secrétaires de section. On y trouve aussi bien les animateurs de grandes sections urbaines comme Créteil, Blois, Agen, Dax, Valence, Lille, Paris 1er, Trappes, Metz… que des organisations , plus rurales ou rurbaines comme Villeneuve-de-Bec, Cadenet-Mérindol, Gélos, Saint-Cernin, Salies-de-Béarn, Saint-Christol-les-Alès, Blainville-sur-Orne…

De très nombreux élus ont ratifié la pétition : des conseillers régionaux d’Aquitaine, de Champagne-Ardennes, de Basse-Normandie, des Pays-de-Loire ou d’Ile-de-France ; des conseillers généraux de la Somme, du Jura, du Calvados, de Haute-Marne, des Pyrénées-Atlantiques, ou encore du Nord ; la liste des maires et adjoints-au-maire est considérable et on notera pour sourire celle du maire de La Tronche (Corrèze) qui doit faire faire la grimace à l’ancien président du Conseil général.

CE QU’ILS DISENT : Des commentaires, souvent très sévères, accompagnent parfois les noms et qualités des signataires. Ainsi un ingénieur à la retraite écrit : « Ce n’est pas une inflexion de politique, c’est une trahison ». « En colère et atterré », se définit un autre Florence, « électrice de 2012 », juge son « vote trahi par François Hollande » tandis que Marianne « refuse l’action droitisante de ce gouvernement ». Géraldine, conseillère municipale de Noisy-le-Roi (Yvelines) avertit : « Inutile de draguer les gens de droite, il n’y aura jamais assez de libéralisme pour eux !. Par contre le PS est train de perdre le peuple de gauche… »

Bernard, un conseiller municipal, se dit « très déçu par la trop timide loi de séparation et de régulation des activités bancaires. Lamentable capitulation sans condition ! ». Dominique s’affirme « mécontent d’être déçu » tandis qu’Eric répète : « Déçu, déçu, déçu ». « A ce point, je n’y croyais pas », avoue François, un Dijonnais. Hervé s’explique : « je n’ai pas voté Hollande et pour les députés socialistes pour appliquer la politique du président précédent. Il existe d’autres voies plus équitables pour redresser les finances publiques ». Un autre résume : « Virons les énarques ».

Colette de Seyssein, l’affirme : « Je ne peux plus cautionner cette politique, je ne veux pas me parjurer. Je suis de gauche ! » Hélène jette l’éponge : « Conseillère municipale, je quitte le PS. Je n’avais pas voté Sarkozy mais Hollande ; j’avais voté pour une politique plus juste. Marre de ces politiques qui ne tiennent pas leurs promesses. Je suis de gauche ! » Nombreux sont ceux qui le réaffirment comme Martine, « de gauche vraiment ! » Un militant des Landes ouvre une piste : « Attends l’éclosion du nouveau Front populaire ».

Le Parisien : Plus de 2000 signatures pour l’appel des «socialistes contre l’austérité»

Un encart sur notre initiative dans Le Parisien

Plus de 2000 signatures pour l’appel des «socialistes contre l’austérité»

Ils se présentent comme ces «militants ou sympathisants socialistes» qui ont «élu François Hollande et le Parlement en 2012». «Une demi-douzaine de membres du PS, simples militants», selon le Lab d’Europe 1, ont lancé un texte de soutien aux «députés qui oeuvrent contre le pacte de responsabilité tel qu’il a été présenté», sur le site socialistes-contre-austerite.fr. Largement relayé sur les réseaux sociaux par lesdits députés, cet appel avait été, ce dimanche après-midi, signé par plus de 2000 militants ou sympathisants.

«Nous lançons à notre tour un cri d’alarme : la gauche ne réussira que si elle démontre qu’elle met en place une autre politique que celle de la droite», stipule le texte. «Pas plus aujourd’hui qu’hier, nous ne nous reconnaissons dans les mots de la droite (chargescoût du travail, flexibilité…) ni dans les choix économiques privilégiant l’offre sur la demande», peut-on encore lire.

«Des députés socialistes ont lancé un appel au gouvernement pour un contrat de majorité et ont formulé des contre-propositions visant à ne pas mettre en péril les acquis sociaux et les services publics (…) Nous les assurons de notre soutien dans leurs paroles et dans leurs votes», conclut-il.

Sur Médiapart : Malgré les menaces, des députés socialistes ne voteront pas le plan d’austérité

Médiapart cite notre initiative dans son article Malgré les menaces, des députés socialistes ne voteront pas le plan d’austérité.

[...]

Plusieurs centaines de militants PS, de diverses tendances, ont publié vendredi un appel contre l’austérité, où ils apportent leur « soutien aux députés “pour une autre politique” ».

[...]

Le texte de notre appel apparaît également en première page dans la partie Le Club

le Lab Europe 1 : Sur un site, 600 socialistes signent un appel à soutenir les députés de la majorité opposés au Pacte de responsabilité du gouvernement

Article sur le site du Lab Europe 1.

Sur-un-site-600-socialistes-signent-un-appel-a-soutenir-les-deputes-de-la-majorite-opposes-au-Pacte-de-responsabilite-du-gouvernement

Ils sont militants ou sympathisants socialistes et parfois maires, conseillers généraux ou secrétaires de section. Sur le site Socialistes contre l’austérité, près de 600 personnes ont signé une pétition de soutien aux 90 députés socialistes opposés au pacte de responsabilité qui réclament au Premier ministre Manuel Valls « un nouveau contrat de majorité »:

Nous soutenons la centaine de députés qui œuvrent contre le pacte de responsabilité tel qu’il a été présenté, souhaitons que ce nombre s’agrandisse encore pour infléchir la politique que le gouvernement et le parlement doivent mener ensemble.

Sur le site, dont les premiers billets remontent au 23 avril, ces socialistes opposés à l’austérité s’estiment lésés:

Nous avons fait campagne en 2012 sur la base d’une promesse de changement, de justice sociale et de progrès. (…) Nous ne nous reconnaissons pas dans les mots de la droite (« charges », « coût du travail », « flexibilité »…) ni dans les choix économiques privilégiant l’ »offre » sur la « demande ».

A l’origine du site, une demi-douzaine de membre du Parti Socialiste, simples militants « plutôt pas à droite du parti » et « assez énervés » de devoir soutenir une politique pour laquelle ils n’ont pas voté, explique Charlotte Picard du courant Maintenant La Gauche, une de ses créatrices.

On est là pour mettre une pression et rappeler que les militants existent, et que lorsqu’ils font une campagne ils s’attendent à quelque chose. En 2012, le PS a d’abord voté un texte avant qu’un candidat soit investi par les primaires et élu au suffrage universel. Aujourd’hui, on demande aux députés de voter pour quelque chose [l'austérité] contre laquelle on leur avait promis de lutter en 2012.

Dans leur appel, les signataires avertissent:

La gauche ne réussira que si elle démontre qu’elle met en place une autre politique que celle de la droite.

Et visent particulièrement le pacte de responsabilité:

Il n’existe pas pour nous une seule politique possible.

Une possibilité d’une « autre politique » à gauche, un créneau déjà préempté par Jean-Luc Mélenchon.

Courrier au Premier ministre de signataires de l’appel “Pour un nouveau contrat de majorité”

                                                                                                                                                                                                                                 Paris, le 16 avril 2014,
Monsieur le Premier Ministre,
Lors de votre déclaration de politique générale du 8 avril dernier, vous avez souhaité que les parlementaires soient respecté-e-s et qu’en tant en tant qu’élu-e-s de la Nation, nous puissions contribuer pleinement à « l’expression de la souveraineté nationale ».
Signataires, avec une centaine de députés du groupe socialiste, d’un texte proposant un « contrat de majorité » autour d’une réorientation des politiques menées jusqu’ici, nous revenons vers vous après notre première rencontre qui suivit immédiatement votre entrée en fonction.
Nous avons pris connaissance de votre déclaration du 16 avril et du plan d’économies. Il relève de notre responsabilité de vous préciser quels sont les choix que nous souhaitons défendre dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Les conditions de la confiance. Pour un contrat de majorité.

Agir et ne pas subir.

La défaite d’ampleur historique que nous venons d’encaisser nous donne une responsabilité sans précédent. Bien plus qu’une protestation de circonstance, les Français ont exprimé des positions très politiques et, dans leur diversité, des demandes de justice, d’efficacité économique et d’égalité républicaine. Depuis de longs mois, les élus locaux et les députés avaient alerté sur le fossé qui se creusait entre la gauche au pouvoir et son électorat.
Cette défaite électorale ne doit pas se transformer en renoncement démocratique. Au contraire, le temps du Parlement est venu. L’affirmation de la volonté politique est encore plus à l’ordre du jour.

Le dialogue avec le nouveau Gouvernement s’engage dès maintenant. La représentation nationale doit être digne de sa mission et à la hauteur de ce moment de notre histoire. Il lui revient de participer aux nouvelles orientations qu’exige cette nouvelle étape. Dans ce but, il faut aller plus loin que les habitudes et les certitudes. Pour répondre vigoureusement à l’épuisement institutionnel, nous proposons un contrat de majorité, dans la durée. En effet, pour restaurer la confiance avec les Français, il faut recréer aussi la confiance avec le Parlement. Celui-ci doit apporter sa légitimité en soutien des choix que les citoyens de tous horizons attendent de la gauche au pouvoir.